Où sont les femmes indiennes perdues?

screaming woman

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Depuis les années 60, le taux de fécondité  est tombé de 6 enfants par femme à 2,7 enfants /femme aujourd’hui. La population indienne va continuer de croitre et devrait se stabiliser vers 2050. On se souvient des campagnes de stérilisation forcée des années 70. Entre temps, ces pratiques ont été qualifiées de crimes contre l’humanité.

Malheureusement, la baisse de la fécondité est accompagnée d’une autre tendance moins connue et beaucoup plus dérangeante, la baisse du rapport femmes / hommes dans la population: Parmi les enfants de 0 à 6 ans, le taux est passé de 964 femmes pour 1000 hommes en 1971 à 927 pour 1000 en 2001.

Bien que beaucoup de pays présentent un léger déséquilibre de ce ration (principalement pour des raisons biologiques), celui de l’Inde est anormalement élevé et reflète des comportement sociaux peu connus en occident et notamment de la sélection du sexe de l’enfant (avortement des fœtus féminins) après échographie.

Le ratio reflète également une mortalité infantile plus élevée chez les filles. Une partie semble provenir d’infanticides, mais la plus grande part provient de moindres soins apportés aux filles en termes de santé et de nutrition.

Enfin, la baisse du ratio est aussi attribuée à une « contraception sélective », c’est-à-dire l’utilisation de contraceptifs seulement après avoir eu un garçon.

Indian Women

Indian Woman (Rajasthan)

Certain estiment le nombre de femmes indiennes « manquantes » – pas nées ou mortes de façon prématurée – à 37 millions, avec une plus grande proportion d’entre elles en Inde du Nord. L’Inde du Nord a une plus grande tradition d’exclusion économique et sociale des femmes qu’au Sud. C’est aussi au Nord que la dot – qui représente un poids considérable sur les finances d’une famille, parfois sur plusieurs générations –  est la plus répandue. Au Sud, les femmes jouissent traditionnellement d’une plus grande autonomie et d’une meilleure considération.

Cependant, le rattrapage Nord-Sud va dans le mauvais sens: Bien que les Etats du Sud soient ceux où le ratio femmes/hommes est le plus équilibré, ce sont également ceux où il se dégrade le plus vite.

La loi indienne interdit les avortements « sélectifs » et même la détermination pré-natale du sexe de l’enfant. Faut il dire qu’elle n’est pas appliquée? Comment d’ailleurs pourrait-elle l’être?

On pourrait s’attendre à ce que l’éducation soit un facteur d’amélioration de la situation. Il n’en n’est rein: Le ration s’aggrave chez les femmes les mieux éduquées. On pense que ce la vient du fait que, les femmes éduquées ayant moins d’enfants, comme partout ailleurs, mais la pression pour avoir des garçons étant toujours aussi forte, ce sont elles qui pratiquent le plus l’avortement sélectif. Cette tendance a d’ailleurs aussi été observée en Chine et en Corée du Sud.

India IncIl y a quand même de l’espoir: Les études  montrent que l’action sociale au niveau des villages (dispensaires, accès à l’eau potable…) améliore la situation. D’autre part, on s’accorde aussi à penser que l’un des racines du problème est le système d’héritage Hindou qui, traditionnellement, limite l’héritage aux seuls garçons.En 1975, le Kérala fut le premier Etat de l’Union à abolir ce système. Il fut suivi par quelques Etas progressistes comme l’Andhra Pradesh, le Karnataka, le Maharashtra,  et le  Tamil Nadu. En 2004,le Parlement a définitivement aboli toute discrimination dans les successions.

Il faudra encore des années pour que les mentalités changent.

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