Aux limites de la misère: Les « charognards de Bokapahari »

Le Sacramento Bee, journal de Californie, publie un exceptionnel blog de photos de journalistes que je parcours avidement à chaque publication. L’une des dernières livraisons, intitulée « Scavenging to survive in India’s belt of fire » (« Vivre de charognes pour survivre dans la ceinture de feu indienne ») raconte l’histoire de ces population qui vivent dans des conditions terribles près de mines de charbon à ciel ouvert et volent le charbon pour vivre. Le Gouvernement indien a tenté de les déplacer mais n’a jamais obtenu leur accord.

Voici la traduction du commentaire du journaliste:

(c) AP / Kevin Frayer

« Les villageois ont quitté ce hameau brisé bien avant l’aube. Ils marchent sans sans lampe de poche sur les sentiers et peuvent naviguer sans regarder. Ils passent de petites montagnes de scories,  silhouettes floues dans l’obscurité. Pieds nus, ils tissent leur passage à travers les buissons. Lorsque le sentier rejoint un chemin de terre, ils descendent dans la fosse à ciel ouvert d’une mine de charbon. Puis, comme le ciel de la nuit tourne au gris, ils commencent à voler le charbon d’une veine ouverte et noire. Quelques heures plus tard, les charognards sont de retour dans leurs villages, leurs paniers remplis de charbon volé.

Ils retournent à des visions de l’Apocalypse.

Ils reviennent dans les villages où la fumée se déverse de fissures de la terre, où les flammes des feux souterrains lèchent les sentiers, et les vapeurs grasses viennent bâillonner les visiteurs. Par endroits, Bokapahari ressemble presqu’à tous les autres villages voisins: Maisons de pierre étroites et recouvertes de boue, les enfants qui jouent dans les chemins de terre, les lignes électriques emmêlées. Mais c’est  jusqu’àu moment où, sur les flancs de la ville, la terre se boucle et se déforme, déchirée par les fissures et marquée par les brûlures. Sous les villages des charognards, couvent des dizaines de feux de charbon souterrains, l’un remontant même à 1918. Au dessus des feux, des milliers de personnes vivent à la limite misérable de l’existence. »

Regardez les photos et faites vous vous-même votre idée.

2 Réponses

  1. La misère ( des autres) permet souvent de faire de belles images. A fortiori, dans un pays photogénique comme l’Inde !

    • Oui, vous avez raison; c’est un sujet que j’ai évoqué plus tôt ici: https://p2pconsultants.wordpress.com/2009/06/12/je-vous-laisse-juges/

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