Un projet à l’échelle de l’Inde

Est-ce par hasard que le Gouvernement indien confie à une légende du secteur privé la direction de cet immense projet public?

Dans un pays qui abrite 1,2 milliards d’âmes, dont encore la majorité dans les zones rurales, comment créer l’équivalent de notre numéro de Sécurité Sociale et l’appliquer à la vie des citoyens?

There are many people in India!

C’est à Nandan Nilekani, ancien DG du géant informatique Infosys, qu’a été confiée la lourde tâche de répondre à cette question. Nilekani a pris la tête de l’agence chargée de créer un identifiant unique pour chaque citoyen indien.

Là où en France, le débat tournerait sans doute sur la protection des données individuelles (pourquoi il ne faut pas le faire), l’Inde cherche à exploiter cette opportunité pour créer de nouveaux services dans les zones les plus reculées.

Le projet permettra l’introduction d’une carte d’identité permanente. Sur cette carte figureront le numéro unique, une photo et des données biométriques. Il sera aussi possible de modifier dans le temps le contenu des informations contenues dans la carte, “pour le bénéfice du citoyen”, sans qu’il ait été dit ni quelles informations seraient stockées, ni quels changements seraient opérés. (Imaginez la même situation en France…)

L’un des objectifs du projet est également de combattre la fraude à l’identité et d’améliorer la sécurité intérieure, enjeu dont on connait l’importance à la suite des attentats commis en Inde ces dernières années.

Concrètement:

  • On commencera par attribuer un numéro aux électeurs présents sur les listes électorales indiennes
  • Les premières cartes seront délivrées dans l’année qui vient
  • 600 millions de personnes auront reçu leur identifiant unique dans les 4 ans qui viennent
  • La carte sera “meilleure” que beaucoup de cartes occidentales car le numéro d’identification unique sera utilisé pour tout, y compris les investigation de police
  • Le numéro d’identification pourra être confirmé en ligne
  • Le système de numérotation est prévu pour durer 300 ans…
  • Le projet va couter environ 20 milliards d’euros.

Les banques ont déjà commencé à explorer les applications du numéro unique. Nandan Nilekani indique en effet: ” Nous travaillons sur un système qui créerait des mini-distributeurs pour exécuter des opérations bancaires dans les villages. Nous pourrons assurer l’identité des clients et ainsi réaliser des transaction bancaires” (sans agences).

Unique ID mock up

Prenez l’exemple d’un travailleur rural qui touche 800 Roupies par mois (16 dollars) dans le cadre des programmes de grands travaux subventionnés par le Gouvernement.

Typiquement, il faudrait qu’il fasse 40km to avoir accès à un distributeur et à son salaire.

Mais si sa banque lui a ouvert un compte simplifié, on peut facilement lui donner accès à son salaire dans son village même:

  • Sa banque recrute un correspondant dans son village;
  • Equipé d’un lecteur d’empreintes digitales , le correspondant peut identifier le bénéficiaire et son compte bancaire grâce au lecteur d’empreintes et à son téléphone mobile (de la même façon qu’on recharge un mobile à carte);
  • Le correspondant débite le compte du bénéficiaire et lui donne l’équivalent en cash.
  • La mise en place d’un tel système dans un village coute 5000 roupies (100 dollars), même pas le salaire mensuel d’un employé de banque.

L’infrastructure nécessaire pour réaliser ces opérations existe déjà en Inde. La seule chose à mettre en place est dont la partie “front-end”. Ce projet verra donc certainement le jour. Les banques prévoient de démarrer dans les 12 mois.

Concrètement, le plus difficile est de savoir comment accéder à toute la population pour la faire entrer chaque individu dans la base de données et lui donner son numéro unique. L’Agence ne charge du numéro unique prévoit d’utiliser les réseaux bancaires, les stations services, les sociétés d’assurances, et les collectivités locales.

Ce sera donc un partenariat public privé, où chacun retrouve ses petits: Les banques vont utiliser ce système pour accroître leur part de marché dans les zones rurales.

Air India survivra-t-elle aux assauts de ses actionnaires ?

Air India's Fleet

Air India's Fleet

Une gazelle re-née dans un éléphant: La défunte Air Afrique, passée dans l’au-delà en 2002 et surnommée Air Sans Fric, a-t-elle tracé la voie pour Air India?

Le sort de la compagnie nationale et nationalisée indienne n’en finit pas d’être réglé. La compagnie a perdu plus d’un milliard de dollars en 2008 et prévoit une perte équivalente en 2009. Sa dette excède 3 milliards de dollars.

Le Ministre de l’Aviation Civile vient d’approuver un plan de recapitalisation, sous conditions de restructuration, de plus d’un milliard de dollars. Il indique au Financial Times que c’est un signal clair : A moins d’un redressement, le Gouvernement cessera de soutenir la Compagnie. Mais, s’interroge le correspondant du FT, combien de fois a-t-on déjà entendu cela ?

Air India va d’un plan de restructuration à l’autre, y compris une fusion partielle et ratée avec la compagnie domestique Indian Airlines (seuls les noms ont “fusionné”, rien n’a changé).

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Lord Ganesh, où vont tes statues?

Lord Ganesha

Lord Ganesha

Un ami blogger indien attire mon attention sur un aspect méconnu du plus célèbre festival hindou de Bombay: Ganesh Chaturthi ou le Festival de Ganesh qui vient de se tenir le 23 août dernier.

Ganesh Festival est une période de grande liesse à Bombay et Pune. pour beaucoup d’hindous, c’est le début de la saison des festivals qui se termine avec Diwali, la fête des lumières.

Pendant une dizaine de jours, des foules immenses promènent dans la ville de magnifiques statues décorées du Dieu Eléphant Ganesha. Les routes sont fermées la nuit pour laisser passer les cortèges accompagnés d’une musique tonitruante et de lumières brillantes.

Voici quelques images prises à Pune: Plus d’infos »

Attentisme à New Delhi

Par François Montrelay, P2P Consultants et Vincent Previ, Worldalysis

La victoire du Parti du Congrès aux élections de mai 2009 a ouvert une période de stabilité politique inattendue et favorable aux réformes (voir notre note précédente à ce sujet). La présentation le 6 juillet dernier du budget 2019-2010 était donc très attendue. Le peu de mesures annoncées laisse les observateurs sur leur faim et la question

Une roupie indienne

Une roupie indienne

reste posée des véritables intentions économiques du nouveau gouvernement indien : Soft-libéralisme, comme laissent l’entendre les grandes lignes du budget, socialisme modéré, comme tend à l’y pousser la ligne historique du Parti du Congrès, ou attentisme tactique?

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Ustad Ali Akbar Khan est mort

(c) Jack Vartoogian/FrontRowPhotos

(c) Jack Vartoogian/FrontRowPhotos

Qualifié par Yehudi Menuhin de “génie absolu” et de “plus grand musicien du monde”, le virtuose du sarod Ustad (Maître) Ali Akbar Khan est mort le 18 juin 2009  à son domicile de San Anselmo en Californie à l’âge de 87 ans.

J’adresse à Ali Akbar Khan – dont la musique m’a accompagné depuis tant d’années – un sympathique salut et je lui souhaite bon voyage dans l’au delà, en compagnie des plus grands musiciens.

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Où sont les femmes indiennes perdues?

screaming woman

screaming woman

Depuis les années 60, le taux de fécondité  est tombé de 6 enfants par femme à 2,7 enfants /femme aujourd’hui. La population indienne va continuer de croitre et devrait se stabiliser vers 2050. On se souvient des campagnes de stérilisation forcée des années 70. Entre temps, ces pratiques ont été qualifiées de crimes contre l’humanité.

Malheureusement, la baisse de la fécondité est accompagnée d’une autre tendance moins connue et beaucoup plus dérangeante, la baisse du rapport femmes / hommes dans la population: Parmi les enfants de 0 à 6 ans, le taux est passé de 964 femmes pour 1000 hommes en 1971 à 927 pour 1000 en 2001.

Bien que beaucoup de pays présentent un léger déséquilibre de ce ration (principalement pour des raisons biologiques), celui de l’Inde est anormalement élevé et reflète des comportement sociaux peu connus en occident et notamment de la sélection du sexe de l’enfant (avortement des fœtus féminins) après échographie. Plus d’infos »

Inde: Fascination romantique ou répulsion idéaliste?

Visiter l’Inde est toujours source de sensations contrastées.

Face à la même image, je ne sais que ressentir: Fascination ou répulsion? Ou les deux? ou ni l’une ni l’autre?

Calcutta (Kolkata) est une ville qui exacerbe ce sentiment de déchirement.Le photographe Renaud Philippe sait en rendre compte.

Que ressentez vous face à ces photos?

cliquer sur limage pour accéder au blog

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Face à cette série de photos, et aux nombreuses autres que vous trouverez sur son blog, je vous laisse vous faire votre propre idée, entre votre propre fascination esthétique, l’incroyable optimisme des enfants qui jouent au football dans la rue inondée et la pauvreté au delà de l’imaginable.

Le mieux est bien sûr de vous rendre à Calcutta et de voir par vous même.

Ah, si j’étais un surhomme…

J’aurais gagné 190 000 fois ma mise en 3 mois!

100 roupies (2 dollars)

100 roupies (2 dollars)

Et voilà comment j’aurais fait: J’aurais investi 100 roupies indiennes (2 dollars) à la bourse de Mumbai le 2 mars 2009 et, grâce à mon don de prémonition visionnaire,  j’aurais décidé de l’investir chaque jour sur la valeur qui va monter le plus. J’aurais investi le matin, vendu le soir, et recommencé le lendemain pendant trois mois, c’est à dire 57 séances boursières consécutives.

Le 2 mars, j’aurais investi dans Apollo Tyres, le “top gainer” du jour. Le lendemain, j’aurais investi 124 roupies dans le sidérurgiste Monnet Ispat et je me serais retrouvé à la tête de 139 roupies.

Mes dons de prophétie m’auraient ainsi conduit, de jour en jour, à prendre les décisions les plus avisées de l’histoire de la finance: Le 16 avril, date du début des élections, j’aurais déja possédé 36 812 roupies! Ce même jour, j’aurais acheté du  Gitanjali Gems et gagné 6 085 roupies.

A la veille du résultat des élections, j’aurais possédé 141 863 roupies! Je les aurais placées en actions Aban Offshore et, en cinq heures, j’aurais gagné 310,186 roupies. Le jour du résultat, le 18 juin, en deux minutes, à l’ouverture du marché, j’aurais déjà fait passer ma petite fortune de 1 722 049 à 2 298 074 roupies.

Finalement, le 2 juin, j’aurais possédé 190 000 fois ma mise initiale (3 800 dollars).

Et dire que, pendant ce temps là, il y en a qui travaillent!

(Adapté d’informations parues dans Economic Times)

In 3 months, Rs 100 could grow to Rs 1.9 cr in Indian market

This article was posted on Jun 11, 2009 and is filed under Press Releases
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MUMBAI: In 1999, when he was barely 18 years old and still a student, American Timothy Sykes decided to invest his $12,000 gift money in the
stock market. In a little over two years, his investment had grown to $1.65 million. Impressive, no doubt, but it’s still not the stock market investor’s ultimate fantasy.

Now, suppose an Indian investor had been struck by a brilliant flash of visionary foresight at the start of March this year. Starting March 2, which was the first trading day of the month, for the next three months he would know how each stock was going to behave and which one would end up being the best performer every single day. What would our investor have done with just Rs 100? Would he have made Mr Sykes look like a babe in the woods?

On March 2, his Rs 100 would have been on Apollo Tyres, the top gainer of the day. At the close of trading, his investment would have been worth Rs 124 and he would have redeemed it to invest the entire amount in Monnet Ispat on March 3. The steel-maker’s stock would then have turned his Rs 124 into Rs 139.

Thus aided by prophetic vision our investor would have gone on, watching his Rs 100 multiply manifold as he picked the best-performing stock each day for 57 trading sessions. As general elections drew nearer around the second week of April, there was a wave of positive sentiment towards the troubled export, infrastructure and real estate sectors.

Stocks of companies such as Gitanjali Gems, Reliance Infra, Sasken Communication Technologies and Unitech rose smartly on hopes that a new government would come up with plans to infuse new life into these ailing business segments.

On the morning of April 16, when India began voting to elect new representatives to the Lok Sabha, our fortunate investor’s Rs 100 had grown to Rs 36,812. He used the money to buy shares of Gitanjali Gems and exited the stock that evening, pocketing a gain of Rs 6,085.
Over the next month, as the world’s largest democratic exercise unfolded, our investor’s Midas Touch with stocks continued. On election results eve on May 15, he parked his money, now Rs 14,11,863, in Aban Offshore. In a little over five hours, he was richer by Rs 3,10,186.

Again, on May 18, when trading had to be halted twice as the market showed its glee with the outcome of the election, our prescient investor had picked Indiabulls Real Estate. In less than two minutes of trading, the pre-market opening order for shares worth Rs 17,22,049 has become Rs 22,98,074.

Indian investor better off

On June 2, after two months of living the fantasy, our investor’s original Rs 100 had multiplied 2 lakh-fold and returned him a fortune of Rs 1,97,03,879. During this period, the benchmark Sensex index of the Bombay Stock Exchange had risen by a measly 50% while it took Mr Sykes over two years to multiply his investment by 137 times.

Our investor may have been imaginary and his investments fantastic. But like English novelist Terry Pratchett remarked, “Fantasy is an exercise bicycle for the mind. It might not take you anywhere, but it tones up the muscles that can.”

source: Economictimes

So, it’s King Cong again….

So, it’s King Cong again…

Par François Montrelay, P2P Consultants et Vincent Previ, Worldalysis

Les résultats des élections législatives indiennes ont un goût de triomphe pour le Parti du Congrès du Premier Ministre sortant Manmohan Singh. Ni le BJP (droite hindouiste), ni le Third Front (agglomérat baroque de partis de gauche et de partis régionaux) n’ont réussi à constituer une alternative crédible. Avec 206 sièges, le Congrès atteint son meilleur score depuis 18 ans. La dispersion des votes, tant redoutée, n’aura donc pas eu lieu.

Manmohan Singh & Sonia Gandhi

Manmohan Singh & Sonia Gandhi

La perspective d’un gouvernement stable a été saluée par une hausse de 17,3% du principal indice boursier indien. Toutefois, des interrogations économiques et politiques demeurent.

“Ministères lucratifs”: La corruption indienne au grand jour

Beaucoup d’appelés, pas assez d’élus: La constitution d’un gouvernement indien se heurte – comme partout – aux ambitions de prestige et financières des innombrables candidats.

State Bank of India ATM

State Bank of India ATM

S’y ajoute la chasse aux “ministères lucratifs”, appelés aussi les “ATM Ministries” ou ministères distributeurs de billets de banque… Ce sont les ministères qui gèrent les plus gros contrats et qui traitent le plus avec le secteur privé: Transports, Energie, Aviation Civile, Telecom, Mines… Le Ministère de l’Environnement, avec son droit de véto sur les projets des autres Ministères, est devenu le Ministère ATM le plus convoité.

Enfin, il y a les ministères qui donnent à leur titulaire plus de pouvoir que d’argent: Ils permettent au politicien de distribuer les avantages à leur électorat: Le Ministère des Chemins de Fer qui permet de distribuer argent et emploi est un exemple typique de “double effet kiss cool”.

C’est avec leurs alliés du parti régional tamoul DMK que Manmohan Singh et Sonia Gandhi rencontrent lesplus grandes diffficultés pour former le Gouvernement central indien.

M. Karunanidhi, Manmohan Singh, Sonia Gandhi, Pranab Mukherjee, A.J.Antony (Reuters)

M. Karunanidhi, Manmohan Singh, Sonia Gandhi, Pranab Mukherjee, A.J.Antony (Reuters)

Compte tenu de l’échec patent des ministres du DMK dans l’ancien gouvernement et des allégations insistantes de corruption à leur égard, le premier ministre cherche à s’entourer de ministres capables issus du DMK. Le problème, c’est que les minsitrent occupaient les “ministères lucratifs” des communications (y compris les télécommunications) et des transports de surface (y compris les chemins de fer). Il semble qu’on s’achemine vers un retour des ministres concernés, mais à des postes moins “lucratifs”  comme par exemple l’éducation ou moins visibles ou les mines qui permettent de s’enrichir de façon moins médiatisée.

Le DMK fait valoir ses exigences sans la moindre honte. Elles sont en partie “dynastiques”: M. Karunanidhi, 86 ans, leader du DMK et Premier Ministre du Tamil Nadu a commencé par exiger 5 postes ministériels dont au moins 4 pour des membres de sa famille. Cette histoire crée des conflits internes à la famille sur qui pourrait obtenir quel job…